Oran la peste assez !

juillet 1, 2010 à 9:10 | Publié dans État général, insalubrité, santé, Uncategorized | Laisser un commentaire

« Mais ce n’est un “autre monde” que dans le sens peu satisfaisant, superficiel et finalement sans signification, d’une négation du macrocosme dans l’état présent et momentané de son existence. C’est une réponse illusoire à la loi de la vie, fidèle à la lettre mais non à l’esprit. Si elle peut éviter à l’âme un suicide spirituel, cette tentative de défier les lois du temps et du mouvement doit provoquer, finalement, un désastre pour ceux qui la pratiquent, ainsi que pour leur société. » Arnold Toynbee Un vent de renouveau souffle sur toutes les vieilles cités méditerranéennes. Partout sur toutes les rives du Grand Bleu, du nord au sud, d’est en ouest, à Barcelone, Tanger, Marseille, Bizerte, Gênes, Saida, Alexandrie, Larnaka, Gaza… des communautés humaines travaillent à faire revivre à leurs ancestrales cités leur passé prestigieux et à les insérer avec succès dans le système de l’économie moderne. Partout sauf à Oran, où rien ne semble arrêter la descente aux enfers. L’époque de la nuit s’éternise avec la peste et ses démons, prélude au chaos qui ne vient pas, mais qui finira quand même par se produire. Oran n’est plus Oran. On y pratique la désintégration de la civilisation de la mer et seule la barbarie préside aux destinées de la ville. A la culture de la mer riche, dense et pleine de promesses, s’est substituée une sous-culture de la poussière et des moins que rien. Mais Oran n’arrive toujours pas à se départir de son âpre destin d’être au coeur du conflit méditerranéen entre l’Orient et l’Occident, entre l’Islam et l’Eglise catholique. A Oran, ouvrez grands les yeux, vous ne risquez pas de passer à côté de l’essentiel. Ici s’affrontent sans merci les forces du bien et les forces du mal. Il y règne une drôle d’ambiance, avec le rai comme fond sonore, cette musique née des tourments d’une société destructurée ; elle ne reflète pas spécialement les moeurs du moment, elle annonce les temps à venir, les temps chaotiques comme issue imparable et inévitable. Avec son style suggestif, c’est d’abord une invitation à cesser d’exister socialement, le temps d’une chanson, c’est aussi un maintien des gens dans un état permanent d’impréparation. De cette ambiance malsaine est né un genre littéraire sur l’histoire d’Oran, initié par les tenants du courant nostalgique, nostalgie des temps coloniaux. On y présente l’histoire de la ville comme n’étant que l’histoire de la présence étrangère à Oran, et notamment les colonisations espagnole et française. Ce genre littéraire qui tend à s’imposer comme une pensée unique, prend à contre-pied la tradition oranaise, qui est à la fois orale et écrite, où se mêlent d’une manière harmonieuse histoire, géographie, culture et ésotérisme, et que les tenants du courant nostalgique trouvent trop authentique, trop « oranaise » à leur goût. Cette tradition nous enseigne que l’histoire de la ville est jalonnée par de prestigieux personnages, elle nous apprend qu’Oran, à l’instar de ses soeurs aînées des cités méditerranéennes, a été fondée dans le sillage des flux civilisationnels partis d’Orient. Réduire l’histoire d’Oran à l’histoire de la présence étrangère constitue en lui-même un déni d’histoire, en ce sens que ce genre littéraire, qui a pour fonction d’assurer le marketing du colonialisme, se limite à en souligner la nécessité historique et les apports culturels. Il s’agit tout simplement d’isoler l’histoire de la géographie et de la culture, d’isoler le temps de l’espace. En usant des techniques de l’uchronie, pour démontrer ce qu’aurait pu être l’histoire, on réalise un véritable détournement historique. C’est le règne de l’histoire mensongère, l’histoire justificative, la description du passé par des postulats historiques fantaisistes. C’est de cette littérature de mauvais aloi que sont encombrés les rayons des librairies et que se cultivent les esprits. Le but de cette entreprise de sape est connu. Il s’agit de pousser les Algériens à se convertir à l’idéologie occidentale, tout comme on a tenté de convertir leurs ancêtres au christianisme au lendemain de la Reconquista. Depuis 1509, Oran ne cesse de subir les affres de cette agression qui vise à la vider de sa substance spirituelle et culturelle. Je n’en prendrai pour preuve que cette hétérogénéité linguistique, urbanistique, culturelle, qui empêche toute construction d’une identité et d’une vocation. Les monuments historiques non représentatifs de l’histoire et de la culture d’Oran, que les tenants du courant nostalgiques montrent fièrement aux visiteurs étrangers, sont la preuve de l’ampleur des destructions et des violences qu’a subies la ville par des agresseurs étrangers revanchards. De même que la configuration urbaine de la ville indique clairement les stratégies d’isoler la ville de son milieu naturel, la mer Oran le paradoxe, à la fois si proche de la côte et si loin de la mer. Oran le ridicule, coupée de la mer telle que l’ont voulu ses colonisateurs, elle reste jusqu’aujourd’hui privée de tout accès à la mer. Oran l’ironie, pour accéder à la mer, il faut aller jusqu’à Saint-Roch par l’ouest ou à Ain Feranine par l’est. Oran la misère a fini par perdre sa vocation méditerranéenne, où tous les métiers et toutes les activités liés à la mer sont en déclin quand ils n’ont pas disparu. Ainsi va Oran le désastre : une vocation inassumée, une cité imméritée. Et puis cette humanité d’indus occupants, maîtres des lieux, qui ont déclaré Oran ville ouverte, plongée dans la perversion et la permissivité. Dans cette ville en rupture avec son histoire et sa vocation, le monde marche sur la tête, le système des normes et des valeurs a été renversé. En tournant le dos à la mer, Oran reste tragiquement exposée aux seuls courants continentaux qui marquent profondément ses moeurs, son urbanisme, ses goûts et même son climat, « un climat rendant paraît-il la souffrance, la maladie, l’agonie et la mort plus insupportables qu’ailleurs » (Bernard Jakobiak ). On est bien loin des temps prestigieux d’Oran, telle que l’ont voulue les Andalous, les pères fondateurs, un trait d’union entre l’Andalousie, la patrie mère, et le Maghreb pour assurer la prospérité économique et l’épanouissement culturel des contrées maghrébines. Oran et Mers el Kébir, l’une ne va pas sans l’autre, solidaires et indissociables. C’est cet ensemble qui a décerné à la cité sa position stratégique et son rôle actif dans le jeu méditerranéen. La construction de la ville d’Oran a fait de cet abri naturel de Mers el Kébir un grand port à l’échelle méditerranéenne, avec des fonctions commerciales et militaires. En même temps, Oran a toujours su garder un esprit d’indépendance à l’égard de tous les royaumes maghrébins pour être toujours en mesure de conserver sa position stratégique et d’assumer sa vocation. Et puis la nuit coloniale tomba sur la ville. Le colonialisme travaille à enferrer la société colonisée dans un état de convulsions et à introduire des ruptures dans son histoire, sa géographie et sa culture dans le but ultime de l’isoler de ses origines et de sa vocation. L’oeuvre des colonisations espagnole et française à Oran a été un grand désastre ; la ville a été banalisée, devenue une bourgade coupée de son milieu, de ses origines, sans vocation, sans aucun rôle dans la stratégie méditerranéenne. Toutes ces ruptures introduites par l’occupation coloniale ont privé Oran, à l’indépendance, des moyens pour gérer les transitions sociales post coloniales. Effectivement, les responsables locaux n’ont fait que reconduire des schémas d’urbanisation d’inspiration coloniale, qui étaient fondés sur la primauté numérique et qualitative des Européens, sur l’exclusion et le contrôle des populations indigènes et sur l’isolement de la ville de son milieu naturel. Autant de schémas qui ont fini par précipiter la ville dans des situations catastrophiques. Le 17 Mai 1509, l’armée espagnole investit Oran, tuant 4.000 personnes et faisant 8.000 prisonniers. Dans une folle logique de Reconquista, les Espagnols sont venus détruire les dernières traces de la civilisation Andalouse. D’où cet acharnement à transformer la ville andalouse en enclave hispanique : convertir les mosquées en églises et en couvents, transformer la ville en garnison, remplacer la population par des soldats, installer les fortifications, changer de moeurs, de langage, de décor… Oran devient une machine de guerre de l’église catholique contre l’Islam. Cette conquête brutale allait couper la ville des terres intérieures, de ses bassins nourriciers et de ses terroirs. Mais Oran a résisté à l’entreprise coloniale espagnole, et c’est ainsi que trois siècles plus tard, les Espagnols ont du quitter la ville sous la contrainte, sans n’avoir jamais atteint leurs objectifs. De cette triste époque, ne subsistent que quelques sites militaires et quelques expressions hispaniques, témoins des vaines tentatives de dépersonnalisation. En 1831, de nouveau l’infamie de la colonisation. Oran et Mers el Kébir sont occupés par les troupes françaises. Rapidement, la pénétration coloniale se fait massive. La ville sera construite sur la base de la ségrégation coloniale. L’essentiel de l’espace urbain est réservé exclusivement aux européens et les indigènes repoussés vers les zones périphériques. Tous les grands esprits français, de Victor Hugo à Albert Camus, du début à la fin de l’occupation, ont rivalisé d’intensité intellectuelle pour formuler les postulats philosophiques aux conquêtes coloniales et élaborer les mythes fondateurs de l’empire colonial. On trouve une excellente illustration dans un discours de Victor Hugo lors d’un banquet commémoratif de l’abolition de l’esclavage, le 18 mai 1879 : « L’Afrique n’a pas d’histoire ; une sorte de légende vaste et obscure l’enveloppe [...]. Les deux peuples colonisateurs, qui sont deux grands peuples libres, la France et l’Angleterre, ont saisi l’Afrique ; [...] Au XIXème siècle, le Blanc a fait du Noir un homme ; au XXème siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde. Peuples ! Emparez-vous de cette terre. Prenez-la. À qui ? à personne. Prenez cette terre à Dieu ». Dans son essai “Culture et impérialisme”, Edward Said qualifie Albert Camus d’écrivain franchement colonial dont les écrits ne font qu’affirmer la relation binaire qui existait entre colonisés et colonisateurs en Algérie. Dans un article remarquable “Camus le colonisateur sublimé”, Bernard Jakobiak explique : « Car Albert Camus pur produit de l’Université Ultra-Française d’Alger croit dire vrai, croit découvrir, alors qu’il répète la leçon apprise, alors qu’il ment ! Il n’écrit pas, il est écrit. Aveuglément il entre docilement dans le système baptisé par d’autres : Vérité. Il croit ainsi se sauver : illusion à perpétuité. Elle s’amplifiera au contraire, deviendra une philosophie l’Absurde. (…) « Prenons “La Peste”, première étape du décollage vers l’illusion et première marche du succès. Le mensonge y est évident et les invraisemblances pour la bonne cause, légion : une oeuvre de trompeur trompé, voulant se tromper, réussissant. (…) « Mais Albert Camus élimine ce qui le gêne, gomme minutieusement toute trace de colonisé dans cette ville arabe colonisée. Albert Camus veut nous faire croire qu’Oran est une ville française et qu’il est français sans rien de particulier sinon un lieu de naissance au climat rude, sans arbres, sans frémissements d’ailes. (…) « Le choix de Camus écrivant “la Peste” est le même. Mais il oublie de nous avouer que s’il accepte ce mutisme, que si lui, épris de justice, refuse de dévoiler le scandale de la colonisation et du monde colonial, c’est qu’il ne veut pas en être exclu, c’est qu’il en fait partie, c’est que là est son véritable pays, c’est qu’il est un colonisateur ennemi de certaines injustices sans doute, mais allié en réalité d’un système qu’il ne veut pas remettre en cause. Aussi tout l’effort du livre consistera-t-il à se prouver qu’on parvient ainsi quand même à une humanité lavée de toute tare particulière donc du colonialisme. Mais il faudra encore beaucoup se leurrer et tromper le lecteur. » Devenue ville “française” par excellence, Oran reçut son coup de grâce par la conversion de Mers el Kébir en port militaire et l’extension de son port commercial. Livrée aux pieds-noirs qui constituaient l’écrasante majorité de la population, Oran devient le quartier général de l’OAS durant les mois sanglants qui précédèrent l’indépendance. On est allé même imaginer à Paris un plan de partition de l’Algérie qui garderait Oran sous influence française car il était inconcevable que l’Algérie indépendante puisse prendre le contrôle de tant d’intérêts économiques et stratégiques liés à la place d’Oran. Tout récemment, Oran a vu certains pieds-noirs revenir pour une visite, à la manière dont un assassin revient sur les lieux du crime. Les tenants du courant nostalgique étaient tous présents, sollicitant des certificats de bonne conduite pour n’avoir jamais cessé de faire l’apologie du colonialisme et pour tous leurs efforts de maintenir une certaine présence de la France coloniale dans l’Algérie indépendante. Mais ces pieds-noirs avaient d’autres préoccupations : ils sont venus jeter un ultime regard sur cette Algérie post coloniale dans laquelle ils ne se retrouvent pas. Ils ne cesseront jamais de se dire qu’ils ont bien fait de quitter en 1962 ce pays qui n’était pas le leur et que d’ailleurs aucune coexistence n’aurait été possible avec les indigènes, a fortiori devenus des citoyens à part entière. Ils ont vérifié de visu pour eux-mêmes et pour tous ceux qui n’ont pas le voyage l’ampleur du chaos, issue logique et inéluctable de l’ordre colonial dégénéré. Et l’après chaos ? Osons une ambition pour Oran. Son potentiel la prédestine à devenir la capitale économique et culturelle du Maghreb. Aussi, pour peu que l’élite locale sache exprimer un génie, pour peu que la décentralisation s’accélère en Algérie pour doter les grandes cités de gouvernements locaux, on pourrait imaginer un grand projet de reconstruction de la ville, autour de son noyau originel, tel que conçu par ses pères fondateurs, les Andalous. C’est alors qu’Oran réapprendra à marquer son appartenance à la Méditerranée, par la conversion de son port en quartier de la ville qui devient un accès à la mer. Mers el Kébir, tout en gardant sa vocation de port militaire, sera restitué à la ville pour devenir le plus grand port commercial de la Méditerranée, doublé d’un grand chantier naval. Ainsi Oran pourrait devenir une grande métropole méditerranéenne avec un rythme de développement appréciable, capable de susciter un flux de transfert de capitaux, d’expertise, de savoir-faire, de technologies, d’arts. En s’éloignant de la pensé unique et inique du courant nostalgique, on opérant un juste retour aux enseignements de la tradition oranaise, on arrive à mieux percevoir la nécessité d’en finir avec cette chose hideuse appelée injustement Oran, qui est en réalité innommable et que l’on pourrait appeler la peste, c’est-à-dire la rupture du flux d’énergie vitale. C’était Pierre Rossi qui nous invitait à cette édifiante conclusion : « L’évolution tend à dissoudre les principes de l’Etat Nation au sein d’empires capables de rendre aux cités les responsabilités qui, parce qu’elles équilibrent les communautés nationales vivantes, rééquilibreront aussi par la même occasion les grands ensembles appelés à régner sans doute mais sans gouverner pour autant. Faute de quoi il arrivera que l’économie politique à force d’accaparement et de cynisme finira par faire ouvertement la guerre aux humains non plus seulement aux possibilités de leur vie mais aussi de leur survie. Pour avoir oublié qu’avant d’être des clients ou des administrés ils sont d’abord des hommes. »

http://oumma.com/article.php3?id_article=1851#

Brahim Zeddour

DAS 162 enfants abandonnés en 2008

octobre 11, 2008 à 2:04 | Publié dans Moeurs | Laisser un commentaire

 El watane : 11-10-2008

Hadj Sahraoui

162 nourrissons ont été abandonnés par leurs mères biologiques en cette année 2008 et admis à la pouponnière, a-t-on appris auprès de la responsable de la DAS. Un phénomène qui semble prendre de l’ampleur.

En effet, au cours de la même période en 2007, 151 admissions d’enfants abandonnés ont été effectuées. Cette même responsable nous a fait part de « 84 placements au niveau des familles algériennes réparties à travers le territoire national. 8 l’ont été à l’étranger, notamment en France et en Espagne. Ce sont principalement nos ressortissants à l’étranger qui bénéficient de ces placements », devait indiquer notre interlocutrice. Cependant, devait-elle poursuivre, il faut que le bébé demeure à la pouponnière plus de 3 mois. Un temps de réflexion laissé à la mère biologique qui pourrait éventuellement reprendre son bébé. Tel n’est pas le cas pour les nationaux qui sont autorisés à prendre en charge le nourrisson avant ce délai contre un engagement de leur part à restituer le bébé dans le cas où la mère biologique souhaiterait le reprendre.

***********************************************************************************************************************************************************************

Le civisme dans toute sa splendeur

octobre 7, 2008 à 9:54 | Publié dans insalubrité, Maladies, Urbanisme | Laisser un commentaire

Le souk de L’arbâa à Maraval

octobre 7, 2008 à 9:31 | Publié dans commerce agressif, insalubrité, Urbanisme | 2 Commentaires

Entre habitués et détracteurs : « Souk L’arbâa », ou les effets collatéraux d’un marché

par Soumeya Chabane (Quotidien d’Oran)

Des senteurs, des couleurs, des bruits, des images… C’est un univers très particulier qui entoure le marché hebdomadaire du mercredi de Maraval ou « Souk L’arbâa ». Mais nombre d’habitants du quartier ne le voient pas d’un bon œil.
C’est un festival de couleurs et d’odeurs qui accueille les passants, chaque semaine à Maraval, pour le fameux marché du mercredi, « Souk L’arbâa ». Il fut un temps où l’on dénombrait de nombreux marchés de ce genre, tous aussi grands, quasiment un par jour de la semaine. Chaque quartier avait son grand marché. Mais petit à petit, ceux-ci ont disparu ou ont perdu de l’ampleur. Ce qui explique peut-être la surcharge que connaît « Souk L’arbâa ».

En franchissant le « seuil » du marché, vous entrez dans un autre monde. Un peu comme dans une caverne d’Ali Baba, qui regorge de merveilles en tous genres. On ne peut pas repartir sans avoir acheté une bricole que l’on n’avait pas prévue ! Dépensiers, s’abstenir ! Certains y viennent même sans but précis, juste pour regarder, se promener, et pourquoi pas se laisser tenter.

En arrivant sur les lieux, on est frappé par la diversité des articles vendus, mais aussi -et surtout- par le nombre incroyable de vendeurs. Qui peut dire combien il y en a ? Le défi est de faire le tour du marché en une matinée ! Mieux vaut venir tôt, pour éviter la foule, et la chaleur. Dès 9 heures, c’est sous un soleil de plomb qu’il faudra affronter les myriades de vendeurs.

Pas un brin d’ombre ne vient rafraîchir cette atmosphère étouffante. Et les femmes, ce sont surtout elles qui font les courses, se bousculent pour être sûres de ne pas manquer une bonne affaire ! Des clients de toutes origines sociales se mélangent, des plus modestes aux plus aisés, même si certains auront plus de mal à l’avouer. Pour un sociologue, c’est un bon échantillon de la population.

Vue…aérienne

 

Dès les premiers pas, on est marqué par cette diversité, les vendeurs de poissons côtoient les vendeurs d’articles ménagers, les vendeurs de vêtements, de jouets pour enfants. On peut même trouver de la laine de mouton et des plantes vertes! Il serait intéressant de surplomber le marché en avion pour avoir une vue du ciel, ce serait alors un arc-en-ciel de couleurs à nos pieds; l’ocre des épices, le rouge des tomates, le vert des salades… C’est cette variété qui fait toute la richesse de ce marché, toutes les différentes senteurs. Tous ces parfums qui attirent, tout paraît si bon, tout fait envie et on voudrait tout acheter. Il y a les bonnes odeurs, quand on passe près du vendeur d’épices, et les moins bonnes lorsqu’il s’agit de viandes ou de poissons.

En plus des odeurs, les bruits sont typiques. Vous entendez le marché bien avant d’y être arrivé. Les uns, qui ventent les mérites de leur poisson, de sa fraîcheur et de son prix défiant toute concurrence. « Sardina, véritable! », scandent les poissonniers, presque improvisés, tant leur matériel est « archaïque ». Pas de camion frigorifique, pas de garantie de fraîcheur. Mais après tout, comme on dit, un peu de microbes ça n’a jamais fait de mal ! Si l’on passe outre les quelques heures que le poisson aura passé en plein soleil, sans glace, cela laisse la possibilité aux plus modestes d’en consommer aussi. Et, il faut dire que la consommation de viande augmente pendant ce mois sacré. C’est la même chose pour la viande. Avec tout de même une petite différence, vous pouvez achetez votre viande vivante ! Si vous souhaitez gardez votre poulet quelques jours à la maison avant de le consommer -histoire qu’il réveille les voisins à l’aube- vous le trouverez vivant, à des prix tout à fait raisonnables. Le poulet « vivant » est nettement moins cher, que chez un boucher « traditionnel ». Avec des prix variant selon la taille de la bête, vous vous en sortez pour 400 dinars la volaille de près de 4 kg, contre un peu plus de 200 dinars pour un seul kilo de poulet déjà égorgé. Et pour les âmes sensibles, un service d’abattage est présent sur place. On propose également de plumer votre bête, pour à peine 20 dinars, à l’aide d’une machine tout à fait originale, sinon bruyante. Cette scène pourrait paraître folklorique à toute personne non initiée !

La fripe en force

 

Du bruit, ils en font aussi les bonimenteurs qui attirent les foules à l’aide de leur haut-parleur. Le plus souvent, ils font la promotion de produits ménagers, espérant couvrir les voix des vendeurs aux alentours. Que serait un marché sans ces fameux vendeurs à la criée ?

Le marché est séparé, fictivement, en « quartiers ». Un espace pour les légumes et autres produits frais, le fameux espace « volailles », un espace pour les vêtements et tissus. C’est ici même que se trouve un coin réservé à la friperie. La fripe est en plein essor, les vendeurs de « vieux » se multiplient en même temps que la clientèle. Ils achètent en gros chez des importateurs bien installés, à des prix cassés, des vêtements, des chaussures, des draps, des serviettes déjà utilisés, mais en bon état, et les revendent à bas prix. Ainsi trouve-t-on des pantalons ou des pulls à 10 ou 50 dinars, rarement plus. Les étals ne désemplissent pas, les gens font même la queue devant certains en attendant qu’ils ouvrent leurs ballots de vêtements, une rumeur circulant parmi la foule agglutinée : « Que vend-il ? », « Je crois que ce sont des pantalons, ça vient d’Italie ». Et c’est la cohue quand, enfin, le vendeur a réussi à extirper les vêtements de leur cageot. La réalité est moins drôle, cet attrait pour la fripe traduit une nette baisse du pouvoir d’achat des consommateurs qui, non contents d’acheter des produits neufs —déjà à prix bradés- préfèrent réaliser une plus grande économie en achetant encore moins cher dans les friperies. Tout ce qui peut permettre un peu d’économie est le bienvenu. Il faut noter, cependant, que ce sont surtout les adultes qui achètent dans les friperies. Les jeunes ne veulent pas « porter des vêtements qui ont déjà servi à quelqu’un d’autre. Et puis, on ne trouve pas de truc à la mode ! », confie une jeune fille qui, résignée, suit sa mère à travers les étalages de fripes. L’esthétique avant tout ! Un autre adolescent nous raconte sa mésaventure : « un jour, ma mère m’a ramené un pantalon de la fripe, il me plaisait bien mais je ne voulais pas lui avouer ! Finalement je l’ai porté, mais je me suis bien gardé de dire d’où il venait. J’ai dit à mes amis que je l’avais acheté dans un magasin en ville ! ». Le phénomène de la fripe n’est pas nouveau, mais il avait perdu en intensité ces dernières années, le voilà revenu à la charge.

L’envers du décor

 

Chaque semaine, c’est le même rituel qui se met en place, dès l’aube. Ce que l’on oublie souvent, c’est que des gens habitent le quartier. Ils sont bien contents que le marché ne se tient qu’une fois par semaine. Le seul avantage selon une habitante « c’est que je n’ai pas à aller loin pour faire mes courses ». Le gros problème, raconte-t-elle, « c’est que malgré la venue du service de nettoyage, les rues restent sales pendant un moment après le marché ». Il y a un tel désordre que le rétablissement est long. Sans compter le bruit qu’ils doivent supporter tous les mercredis.

Les commerçants du coin ne se plaignent pas, au lieu de leur voler leur clientèle, le marché, qui draine du monde, ramène de nouveaux clients, « des gens qui ne sont pas du quartier », affirme un commerçant bordant le marché. Mais surtout, la perte de clients due au marché est minime, car « ce ne sont pas les mêmes personnes qui achètent sur le marché et qui achètent au magasin », continue-t-il.

Le marché de Maraval semble encore avoir de longues heures devant lui, malgré les critiques, malgré les gens qui n’aiment pas aller au marché, il connaît une fréquentation record, et une diversité incroyable.

La colère gronde à Maraval, et plus particulièrement à la cité , où a lieu chaque semaine le fameux marché hebdomadaire, « Souk L’arbaâ ». Chaque semaine, les habitants sont confrontés aux mêmes problèmes, sans qu’aucune solution ne leur soit proposée. Le marché draine du monde, et fait inévitablement des mécontents. Pour les résidents, le désagrément le plus important est la saleté.

Outre les centaines de clients qui viennent y faire leurs courses, un nombre incroyable de vendeurs prennent place au centre de la cité et ses alentours, laissant ensuite traîner leurs ordures. On y trouve de tout, des sacs en plastique, des cartons, et même des restes de viande et de poisson, qui ont largement le temps de pourrir au soleil avant la venue des agents de nettoyage. Le quartier est méconnaissable, et les odeurs irrespirables. Le service de nettoyage, dans un quartier qui abrite un tel marché, devrait être accru et intervenir immédiatement après le départ des vendeurs, de manière à ce que les lieux restent propres.

C’est loin d’être leur seul motif de plainte, « il y a également un gros problème de circulation », grogne un habitant du quartier. Effectivement, la circulation automobile est totalement bloquée.

Et notre interlocuteur d’ajouter que « si un feu se déclenche, si quelqu’un fait un malaise, aucun véhicule de secours ne parviendra à atteindre les lieux ».

C’est un message de détresse que les habitants de cette cité veulent faire parvenir aux autorités compétentes, dans l’espoir qu’une solution soit enfin trouvée aux problèmes liés à un marché qu’ils qualifient de « moyenâgeux ».

La question qu’ils se posent, et qu’ils posent aux autorités locales, est de savoir si une ville comme Oran, deuxième ville d’Algérie, a besoin d’un tel marché ? Un marché qui, selon eux, ne donne pas une bonne image de la ville.

Ramadhan 2008 : 22 attentats à la pudeur et 5 crimes

octobre 7, 2008 à 1:23 | Publié dans Agression, Pédophilie, Viol, Vol | Laisser un commentaire

Ouest Tribune : 06-10-2009
Y. Yzidi

Le calme qui a régné sur la wilaya d’Oran était douteux. Personne n’arrivait à croire que rien ne s’était passé durant le mois sacré de Ramadhan et c’est ce que nous a déclaré une source officielle, relevant du service de la médecine légale, auprès du centre hospitalo-universitaire d’Oran.En effet, durant ce mois sacré, le service sus cité, a enregistré 22 cas d’attentat à la pudeur contre des mineurs, âgés entre 5 et 11 ans, dont 6 garçons, nous affirme notre interlocuteur. Ce phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur et les pédophiles redoublent de nombre, chaque jour, voulant profiter de l’innocence des enfants, qui sont très facilement manipulés par ces lions sans pitié. Notre même interlocuteur nous a, par ailleurs, ajouté que les pédophiles sont généralement les membres de la même famille de leurs victimes, soit leurs cousins, soit leurs oncles et parfois même, leurs frères, dans le cas où il y a un climat incestueux dans la famille. D’un autre côté, notre source d’information nous ajouté que la majorité des cas d’attentat à la pudeur ont été enregistrés au niveau de la localité de Sidi El Bachir, où l’obscurité règne dans les parages et les enfants, tout le temps en train de jouer dans la rue.Sur un autre registre, le mois sacré de Ramadhan a enregistré cinq crimes, dont le dernier est celui de Petit Lac, où un homme de 45 ans a tué son frère jumeau à cause d’une baguette de pain.La criminalité durant le mois sacré de Ramadhan augmente et cela à l’aide d’armes blanches et plusieurs autres genres d’outils, qui peuvent aider dans les agressions et cela afin de se procurer des bijoux, des téléphones portables et des sommes d’argent, pour que les malfaiteurs achètent “El Masrouf’’, aux dépends de leurs victimes, qui ont passé de sales quart d’heures dans les urgences médico- chirurgicales du centre hospitalo-universitaire d’Oran, souffrant de leurs légères et graves blessures.Et afin d’éviter la hausse de la criminalité durant ce mois, les services de sécurité (gendarmerie et police) ont appliqué un programme spécial, qui a permis l’arrestation de plusieurs centaines de malfaiteurs, pour divers délits, ainsi que des recherchés par la justice. Ainsi, avec cinq homicides, Oran n’était pas calme.

Un cadavre non identifié et 3 tentatives de suicides en un jour

octobre 7, 2008 à 1:04 | Publié dans Agression, Suicides | Laisser un commentaire

El Watan :06-10-2008
Les brèves d’Oran; M. B., R. B.

Trois tentatives de suicide ont été enregistrées hier au niveau des services des urgences médicochirurgicales du CHU d’Oran, apprend-on d’une source hospitalière. Il s’agit de deux adolescentes qui ont tenté de mettre fin à leurs jours en absorbant un produit détergent. Un autre jeune homme âgé de 18 ans a également essayé de se suicider en ingurgitant un raticide. Notre source signale également le dépôt d’une dépouille mortelle au niveau du service de la médecine légale. Il s’agit du corps d’un homme non encore identifié, qui a été découvert hier au niveau d’une décharge sauvage dans la commune d’El Kerma.

Cadavre d’un oranais charcuté par la pègre international

octobre 7, 2008 à 12:39 | Publié dans Moeurs | Laisser un commentaire
أجانب هربوا 50 مليون أورو داخل جثة جزائري مغترب
Echourouk online :06-10-2008
سامر رياض
علمت الشروق من مصادر مطلعة أن تحقيقا أمنيا يجري في سرية تامة حول عملية تهريب ما يقارب 50 مليون أورو أدخلها أجانب قدموا من بعض دول الأناضول رجح المحققون أنهم ليسوا سوى أسماء مستعارة لكبار تجار الأسلحة والمخدرات في المنطقة الأسيوية قاموا بتهريب تلك الأموال في تابوت ميت جزائري مغترب في هولندا نقل جثمانه قبل ثلاثة أشهر بتكفل تام من طرف أتباعهم من الأثرياء في هولندا والجزائر حيث لا يزال البحث عنهم جاريا لأنهم هم من تكفلوا بنقل الجثة وبكل الإجراءات مكان عائلته الفقيرة
أوضحت مصادر “الشروق” أن فضح مؤامرة رجال الأعمال تلك كان بعد تسلم أهل الميت الجزائري من ولاية وهران جثة ولدها المتوفى في هولندا منذ حوالي ثلاثة أشهر، ولاحظت عليها آثار خياطة على مستوى البطن حيث حينها استفسر أهل الميت لدى الوسيط الذي عرفهم على أثرياء أجانب من بعض دول الاناضول، اذ انقطعت أخبار ذلك الوسيط حديث العلاقة بالعائلة والذي عرض عليها الخدمة دون سابق معرفة.
اندهشت العائلة التي لم تجد جوابا مقنعا لما حدث و اتصلت بمصالح الأمن المختصة على اعتبار أن في القضية أجانب لإبلاغها بالواقعة، واتضح بعدها انه تم إفراغ الجثة من الأحشاء، ومن المحتمل أن تكون قد استعملت لتهريب شيء محظور ولم تتوصل التحقيقات بعد إلى معرفة الهوية الحقيقية لمن تكفلوا مباشرة بإجراءات نقل الجثة من هولندا إلى الجزائر بعد اختفاء الوسيط “اللغز”.
موازاة مع ذلك تلقت مصالح الأمن المختصة في العاصمة بلاغا من رجل أعمال مشرقي متخصص في تصدير النفايات الحديدية وغير الحديدية، هذا الأخير أبلغ مصالح الأمن بأنه تلقى عرضا غريبا ومغريا في نفس الوقت من طرف رجال أعمال معظمهم أتراك، حيث عرضوا عليه اقتناء كل كميات النفايات الحديدية والنحاسية المتوفرة لديه والمعدة للتصدير لشرائها بضعف أسعارها المتداولة في السوق الجزائرية.
وكان المصدر المشرقي قبل إبلاغ مصالح الأمن في العاصمة قد قام ببعض التحريات مع زملائه المستثمرين الأجانب في الجزائر منهم مشارقة وأتراك بصفة خاصة للاستعلام ما أمكن عنهم لغرابة عرضهم، وتوصل إلى رجال الأعمال الذين هرّبوا قبل ثلاثة أشهر ما يقارب 50 مليون أورو إلى الجزائر في جثة ميت جزائري توفي في هولندا، ويحاول رجال الأعمال القادمين من الأناضول تبييضها في الجزائر تحت غطاء الاستثمار في الجزائر في مجالي تصدير النفايات الحديدية وغير الحديدية ومجال استيراد الأقمشة و”التكستيل”.
انكشفت هنالك الصلة بين حادثة ما تعرضت له جثة المغترب ومجموعة المستثمرين تلك، لكن ما حال دون توقيفهم حسب نفس المصادر هو انعدام أدلة قاطعة عن الصلة المباشرة لهؤلاء المستثمرين في قضية التشويه الذي تعرضت له جثة الميت الجزائري المغترب في هولندا ولا تزال التحقيقات في هذا الاتجاه مستمرة تؤكد مصادر “الشروق”.
وتلقى المصدر اللبناني الذي تحرى عن هوية الهؤلاء المستثمرين تحذيرات من طرف زملائه وأبناء جلدته من التعامل معهم لأنه يمكنهم الوقوع في قبضة الأمن بين اليوم والآخر، ولم ينتظر المصدر اللبناني كثيرا لبلاغ مصالح الأمن المختصة التي شرعت إثر ذلك في تحريات معمقة مثلما سبق ذكره.
وتم التوصل حسب نفس المصادر أن هؤلاء المستثمرين لا تتواجد أسماؤهم ضمن بطاقية المبحوث عنهم أو المتورطين في المتاجرة وبالأسلحة والمخدرات مما رجح فرضية أنهم أسماء مستعارة لرؤوس مافيا الأناضول المعروفة بالمتاجرة بالأسلحة والمخدرات ويتقنون أساليب تهريب أموالهم وتبييضها في عديد من الدول النامية.
ومن بين ما تم التوصل إليه على هامش التحقيقات أن هناك مؤسسات مصرفية محدودة الشهرة عالميا لها فروع في الجزائر سمحت لعشرات المستثمرين الأجانب بالنشاط في تهريب وتبييض الأموال، حيث سهلت تلك البنوك على مدار الأشهر الأخيرة توطين مئات فواتير الاستيراد والتصدير الوهمية.
وتم معاقبة أحد تلك البنوك التي رفضت مصادرنا الكشف عن اسمه قبل أسبوعين بما لا يقل عن مائتي مليار دينار جزائري، جعل مصيره الغلق الذي سيعلن عنه قريبا وهذا بسبب تحويلات بنكية مشبوهة.

St Eugène : Agression contre un gardien de prison

octobre 6, 2008 à 2:00 | Publié dans Agression | Laisser un commentaire

El Watane : 05-10-2008
Par R. B.

Pour agression contre un gardien de prison exerçant au niveau de la maison d’arrêt d’Oran, un individu, K.M., a été présenté devant le magistrat instructeur près le tribunal de Seddikia.

Il a été placé sous mandat de dépôt après son audition. Les faits remontent à quatre jours et ont eu pour cadre l’avenue St Eugène. Armé d’un couteau, le mis en cause s’est attaqué à sa victime, qui effectuait des achats pour l’Aïd, dans l’intention de lui subtiliser ses biens. Sa tentative a été avortée par des policiers de la BMPJ patrouillant dans ce secteur. Notons que le prévenu était également recherché par la police pour son implication dans trois affaires similaires.

Des viandes non conformes pour vous Oranais!

octobre 6, 2008 à 1:13 | Publié dans Maladies, Nourriture périmée | Laisser un commentaire

La Voix de l’Oranie : 06-10-2008
Safi Z.

Le boucher-faussaire présenté à la justice
Saisie d’une fausse estampille à Hassi Bounif

Lors d’une opération coup de poing menée la veille de l’Aïd aux environs de cette localité, plus exactement dans le voisinage immédiat de la ferme Guy, les brigades mixtes de la wilaya d’Oran, composées des services vétérinaires, des agents de la direction du commerce et des éléments de la Gendarmerie Nationale ont mis la main sur une importante affaire de fausse estampille.
Ce boucher-faussaire est passé maître dans l’art de l’estampillage des viandes issues des abattages clandestins. «L’estampille portait faussement le numéro des Abattoirs municipaux d’Oran», telle annoncée par une source proche de l’inspection vétérinaire d’Oran qui précise que cette opération a été menée par la direction des services agricoles de la wilaya, de concert avec l’inspection vétérinaire, dans la discrétion la plus totale et même avant que les vétérinaires ne puissent arriver à déceler les imperfections sur le rouleau qu’utilisait ce boucher-faussaire et pour lesquelles il a été écroué. Cette opération s’est également soldée par une importante saisie de viandes dont 63 kg de viande d’agneau, de 23,5 kg de caprin, nous informe-t-on de même source. D’autres rumeurs, cette fois-ci plus insistantes, font état de la circulation, à travers les communes de la wilaya d’Oran, d’autres fausses estampilles. Il importe aussi de souligner qu’une quarantaine de bouchers ont été inspectés du 7 au 21 septembre et plus de 300 kg de viande ont été saisies durant le mois de ramadan. De son côté, la direction du commerce s’est prononcée sur la fermeture de 27 commerces et la cessation d’activité à l’encontre de certains commerçants pour défaut d’hygiène et vente de produits impropres à la consommation. La valeur globale des saisies opérées avoisinerait les 50 milliards de centimes dont 600 kg de viandes rouges et blanches provenant toutes d’abattage clandestin.

Titre WW.

Dr Bachir Soulimane, de l’université d’Oran, sur la violence en Algérie.

octobre 5, 2008 à 9:02 | Publié dans État général | Laisser un commentaire

Violence en Algérie : L’éloquence des bilans et le mutisme des autorités

Le Quotidien d’Oran :05-10-2008
Moncef Wafi

A la violence criminelle s’ajoute, aujourd’hui, une violence ordinaire: «comme si la vie, elle-même, devenait violente». Une agressivité nouvelle marque les relations personnelles et sociales. Voilà comment on peut résumer le regard que porte le Dr Bachir Soulimane, de l’université d’Oran, sur la violence en Algérie.

Cette violence, ajoute l’auteur de la thèse «Vide social et violences urbaines» et quelle que soit son origine, semble, d’une manière générale, se définir par sa connotation urbaine et sa concentration sur certaines catégories de populations. Pour le Dr Soulimane, les jeunes de certains quartiers dits populaires sont soumis, de manière répétitive, à cette violence et en même temps qu’ils constituent les principaux acteurs de cette nouvelle délinquance d’exclusion, ils sont, également, les principales victimes des agressions. Les dernières statistiques fournies par les services de sécurité montrent clairement cette concentration de la violence dans les grandes métropoles algériennes. Alger, Oran ou encore Annaba, sont perpétuellement cités au hit-parade de la violence urbaine et les bilans sécuritaires renseignent volontiers sur la courbe ascendante prise par le phénomène, ces dernières années. En l’espace d’une semaine, et plus précisément la deuxième du dernier ramadhan, 860 affaires ont été enregistrées par les services de l’ordre public de la wilaya d’Alger, dans le cadre de la lutte contre la petite délinquance et la criminalité. Toujours côté chiffres, 118 personnes ont été déférées au parquet d’Alger, dont 34 ont été mises en détention provisoire à l’issue d’opérations de contrôle menées par les différents services de sûreté de la wilaya d’Alger, du 23 au 31 août 2008, à travers plusieurs points relevant du secteur d’Alger. L’autre constat à faire est cette proportion à la juvénilité de la violence. Ainsi et prenant en exemple Oran, le Dr Soulimane souligne l’importance de cette tendance qui trouve également sa pleine mesure dans les bilans des services de sécurité.

La juvénilité de la violence

«A Oran, comme dans la plupart des grandes villes du pays, nous enregistrons une augmentation singulière du taux de criminalité comme nous assistons à la prolifération de comportements considérés comme anormaux ou immoraux: alcoolisme, prostitution, jeux d’argent, vagabondage, vandalisme… Ces comportements inquiètent fortement et ce, d’autant qu’ils sont le fait d’individus de plus en plus jeunes. Des bandes de jeunes aux allures agressives multiplient, de jour comme de nuit, agressions, vols. Ce phénomène a pris des proportions quasiment incontrôlables et posent des problèmes épineux aux organismes chargés de la lutte contre ce phénomène dépassé par son ampleur.» Depuis le début de cette année, plus de 7.000 mineurs, dont 238 filles, ont été impliqués dans des affaires délictueuses à l’échelle nationale, à fin août 2008, selon les services de police. Le taux de mineurs impliqués dans des affaires délictueuses, au premier semestre 2008, a connu une augmentation de 10% en comparaison avec la même période de l’année 2007. Les infractions les plus répandues enregistrées durant le premier semestre 2008 portent sur les différentes formes de vol dans lesquelles 2.494 mineurs ont été impliqués, suivies des violences physiques (coups et blessures volontaires) commises par 1.381 mineurs. L’âge des enfants et adolescents mêlés à ces différentes infractions varie entre moins de 10 ans et 18 ans et la plupart des mineurs impliqués (3.054) sont inclus dans la tranche d’âges des 16-18 ans. 2.294 autres mineurs impliqués sont âgés entre 13 et 16 ans, 402 entre 10 et 13 ans et 86 ont moins de 10 ans. La délinquance féminine représente, quant à elle, seulement 3%. Le phénomène de délinquance se concentre particulièrement dans les grandes villes, Alger arrivant en tête des wilayas ayant enregistré le plus grand nombre de cas (571), suivie d’Oran (330), alors que Biskra vient en première position pour les wilayas du sud du pays avec 186 mineurs impliqués.

Aux premiers rangs des émeutes

Pour la commissaire principale chargée du bureau national de la protection de l’enfance et de la délinquance juvénile de la police judiciaire, Mme Messaoudène, les principales causes du phénomène résident dans les problèmes socio-économiques, d’une part, le silence du citoyen, le non-signalement d’actes de délinquance et la démission parentale envers les enfants constatée ces dernières années, d’autre part, ainsi que la perte des valeurs morales. Des causes et des conséquences qu’il faut rechercher au niveau des villes algériennes devenues de véritables foyers d’insécurité et de malvie, selon le Dr B. Soulimane qui estime qu’elles renvoient une image fidèle de la société algérienne. «Le brassage social à grande échelle, la paupérisation côtoyant la richesse aux origines douteuses de certains, la bidonvilisation, les inextricables problèmes d’eau et de transport, la démographie débridée créant une surpopulation dangereuse ont fait des villes le déversoir et le reflet de toutes les frustrations, de toutes les inégalités.» L’autre facette de la violence est cette tendance à s’exprimer à travers les émeutes. «En dehors de cette violence ordinaire qui caractérise la vie dans ces quartiers, la population juvénile se distingue, aussi, par des actes de violence et de destructions. Ces actes ciblent, d’une manière générale, les forces de l’ordre (police, gendarmerie) et les édifices publics (mairies, postes, commissariats). Ces manifestations sont, aujourd’hui, les moyens de pression utilisés pour obliger les autorités à régler un problème», ajoute encore le Dr Soulimane. Ce dernier évoque, plus loin, une véritable «sous culture» de la violence qui semble s’être développée dans les quartiers populaires pour, de temps à autre, envahir les «centres-villes». Une sous culture qualifiée d’«adolescente» tout en tentant de structurer la vie des groupes mais qui génère des comportements qui vont du pillage, lors des émeutes, à l’agression collective. «D’une façon ou d’une autre, il s’agit d’une violence constitutive de comportements qui sont d’abord sociaux et collectifs et rarement ceux d’individus isolés.» En absence d’une représentativité de l’autorité étatique sur le terrain, de la carence de dialogue avec les autorités, doublées de l’incapacité de ces dernières à prendre en charge les besoins nombreux et divers des populations en matière d’attentes sociales, un climat de suspicion et de contestation se forme avec, souvent, à l’origine des mutineries au cours desquelles les jeunes sont au premier rang.

Page suivante »

Un Blog WordPress.com. | Thème : Pool par Borja Fernandez.
Entrées et commentaires feeds.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.