Langue de bois avec LE MAIRE D’ORAN, SADEK BENKADA,

septembre 24, 2008 à 10:25 | Publié dans Reflexions et inspirations | Laisser un commentaire

L’Expression : 24-09-2008
Propos recueillis par Aït Ouakli OUAHIB

LE MAIRE D’ORAN, SADEK BENKADA, À L’EXPRESSION«Oran sera une métropole méditerranéenne»

Avant d’être premier magistrat de la commune d’Oran, Sadek Benkada est sociologue et historien, auteur d’une thèse sur l’histoire d’Oran pendant la période française. Dans l’entretien qui suit, accordé exclusivement à L’Expression, il livre sa vision et ses aspirations et celles de l’APC qu’il gère quant à la construction d’une ville méditerranéenne à la fois historique et futuriste.

L’Expression: Quel bilan faites-vous après une année passée à la tête de la commune d’Oran?Sadek Benkada: D’abord, il n y a pas une année, nous sommes à neuf mois d’investiture. Nous allons boucler une année de mandature le 10 décembre prochain. Je considère, en toute modestie, que c’est un bilan positif dans la mesure où une année ne suffit pas pour entamer les grands projets. C’est une année de mise à niveau, de compréhension de la situation et de prise en charge du passif.

Quels sont les grands chantiers qui nécessitent d’être lancés ou relancés en urgence?
En réalité, les grands chantiers sont initiés par la wilaya. A notre niveau, nous avons les aspects concernant la maintenance et la mise en oeuvre de la politique globale de la wilaya. Il y a les problèmes de l’éclairage, ceux de l’hygiène, de la voirie et des lotissements. Nous sommes en voie de les régler.

El Bahia souffre de son environnement, que préconisez-vous comme moyens d’intervention pour atténuer la pollution que connaît la ville?
C’est commun à toutes les villes du monde. L’environnement joue un très grand rôle. C’est tout à fait normal. Une ville, est, elle-même, un organisme vivant, elle vit de son environnement. Mais, il y a les paramètres de gestion de l’environnement urbain qui sont un peu spéciaux. Nous avons une pollution moindre. Oran n’est pas une ville polluée. Ce qui est à son avantage. Les paramètres d’appréciation sont d’ordre démographique, économique, industriel, il y a le flux de transport, il y a la voirie. Tous ces éléments contribuent à faire de l’environnement d’Oran ce qu’il est actuellement.La problématique est multiple et multiforme. Mais le point central de cette dernière, voire l’interface, est de donner à la population d’Oran un cadre de vie agréable.

Selon une étude confirmée par les pouvoirs publics, 12% de la population de la wilaya est asthmatique et le problème est lié à l’environnement.
La wilaya d’Oran ne veut pas dire la ville d’Oran. Il y a des poches où il y a des foyers de maladies tel que l’asthme, mais pour la ville d’Oran, il y a quelques maladies mais qui ne sont pas endémiques, d’ailleurs comme dans toutes les autres villes.

En dépit des efforts consentis, Oran n’arrive pas à retrouver sa vocation de ville méditerranéenne?
Oran a, depuis sa fondation il y a 11 siècles, toujours été une ville méditerranéenne. La Méditerranée ne s’est jamais déplacée. Maintenant, pour ce qui est de la grande métropole touristique et régionale, c’est vrai! Oran est en passe, vous êtes mieux placé que moi, de devenir la deuxième capitale en matière du tourisme d’affaires, grâce au parc hôtelier qu’elle recèle.Il y a beaucoup de choses qui sont en train de se faire. Et l’événement le plus attendu dans l’immédiat, est la réunion des pays de l’Opep qui se tiendra en décembre de cette année. Un événement très important qui nous donnera du punch. Aussi, il y a un grand événement planétaire, si j’ose dire ainsi, que nous n’avons pas vécu depuis 1903: la ville d’Oran abritera le Congrès international du GNL 16 qui se tiendra en 2010. Et là, nous sommes en train de préparer beaucoup de choses.Les

Oranais se plaignent du manque de logements et de l’état des routes…
Comme toutes les villes et zones urbaines et rurales du pays, Oran souffre d’un déficit en matière de logement. Il y a une pression démographique urbaine à tel point qu’on arrive difficilement à obtenir des résultats. Mais grâce au programme présidentiel du million de logements, nous avons logé un nombre important de familles.Dans ce programme, la commune d’Oran a acquis la part du lion de ce parc de logements nouveau qui nous a permis de reloger, de loger plusieurs familles que nous avons évacuées du vieux bâti et des zones précaires des Planteurs et de Ras El Aïn.Pour les routes, nous reconnaissons ce déficit que nous assumons. Nous sommes en train de faire, en quelque sorte, le bitumage et la réfection de la voirie. Il y a un programme qui passe en priorité.D’abord, il y a les grandes voies de circulation qui accueillent beaucoup de voitures. Donc, cela va faciliter le flux de la circulation des véhicules. Ensuite, viennent les routes secondaires. Et là, nous avons privilégié les rues des quartiers qui sont en pente, nécessitant des avaloirs pour canaliser les eaux pluviales et éviter les inondations.

La ville connaît une extension vers l’est tandis que pour l’ouest, Sidi El Houari, que préconise l’APC d’Oran pour sauvegarder le Vieil Oran?
Beaucoup de choses. Nous avons commencé par des plans de sauvegarde du vieux bâti historique, pas le vieux bâti résidentiel. Nous allons installer, incessamment, une commission spéciale qui aura pour mission la sauvegarde des monuments des centres urbains.Ajoutons à cela la coopération internationale, notamment, espagnole et française en plus de l’aide importante du ministère de la Culture et celle des agences de sauvegarde des monuments historiques.Une partie des sites historiques et vestiges archéologiques est soutenue financièrement par le ministère de la Culture. Il y a des monuments qui sont en voie de classement aux niveaux communal, wilayal, national et international. D’ailleurs, sous la houlette du ministère de la Culture et en collaboration avec l’Agence espagnole de sauvegarde des sites historiques, un colloque international est prévu, lequel aura pour thème «la réhabilitation de la ville».

Quelles sont les visions futuristes pour la ville d’Oran?
Il y a beaucoup d’ambitions. Nous recevons chaque jour des projets de construction, soit d’équipements publics soit de logements de haut standing. C’est prometteur. Ce sont des facteurs qui feront de la ville d’Oran une grande métropole méditerranéenne.

Un dernier mot peut-être?
Je remercie votre honorable journal qui a opté pour le travail de proximité et qui est allé chercher l’information, de manière professionnelle, à la source auprès du maire d’Oran.

Titre WW. Photo Internet

ORAN SE DÉGRADE CHAQUE JOUR DAVANTAGE

septembre 24, 2008 à 9:46 | Publié dans Reflexions et inspirations | Laisser un commentaire

L’Expresse : 24-09-2008
Aït Ouakli OUAHIB

El Bahia se fane, ses monuments historiques tombent chaque jour en ruine et on tente, à coups d’opérations de replâtrage, de lui redonner son éclat d’antan.
La prédiction du défunt Ahmed Wahby, s’est concrétisée, elle est sans appel: Wahrane, Wahrane Rouhti Khssara, ce qui veut dire «Oran tu es perdue». Comme par une malédiction divine, les Oranais vivent au rythme d’incessants désenchantements.L’indigence s’est installée et la grande cité a perdu son auréole. Le premier constat qui saute aux yeux est la mutation à la fois inquiétante et dangereuse qu’a subitement connue El Bahia ces quelques dernières années. Derrière le Front de mer, il y a le front de la misère et du dénuement.Fini le bon vieux temps où El Bahia était cette belle carte postale aux couleurs chatoyantes! La pollution et les maladies incurables, comme l’asthme, la tuberculose, gagnent du terrain. Les conditions de vie ne sont plus favorables. Le vieux bâti prend une portion considérable de ce malheur des Oranais. Les saletés, les nuisances sonores, la violence, la criminalité, la prostitution, les harraga, le sida, l’errance et la mendicité gagnent les soubassements d’Ihrane (Oran en langue amazighe).En somme, tous les phénomènes du siècle se conjuguent au quotidien à Oran. Ils gangrènent davantage la ville et nuisent à la vie paisible des Oranais. Les pouvoirs locaux persistent dans leur léthargie tandis que les citoyens, peu soucieux de leur cadre de vie, continuent dans leur incivisme et assènent un coup dur à leur ville.Les autorités locales persistent, sans cesse, dans le même discours creux habillé d’une langue de bois inextricable et embrouillée. Sinon, comment interpréter le fait que la ville d’Oran continue à crouler? La mélancolie, les inondations pendant les hivers, les effondrements tout au long de l’année, la prolifération des maladies telles que la peste de 2003 et autres maladies respiratoires et chroniques, le déficit en eau potable, le chômage, etc. en sont le lot auquel ouvrent droit les Oranais. El Bahia est fanée, ses monuments historiques tombent, chaque jour, en ruine, et on tente, à coups de replâtrages et d’opérations de maquillage de redonner à El Bahia sa vocation initiale.Hélas! le mal est fait, en conviennent amèrement les Oranais. La ville d’Oran tente, tant bien que mal, de résister à la douleur qui la terrasse. Même les tentatives timides et opérations de maquillage devant faire renaître El Bahia de sa profonde agonie sont vaines. Les Oranais continuent à décrier l’arnaque et le manque flagrant du petit logement tandis que, paradoxalement, d’autres, venus d’ailleurs, d’autres cieux, ne connaissant sûrement pas bien la ville d’Oran, occupent les vastes et somptueuses villas de Saint Hubert, des Palmiers, de Canastel, de Maraval, de Point du jour et autres quartiers huppés de la ville.Ceux-là se permettent même des vacances et soirées Vip, à Aïn El Turck et aux Andalouses, tandis que les enfants du saint Sidi El Houari attendent impatiemment l’arrivée des bus de Djamel Ouled Abbès et les opérations Plan bleu. Plusieurs milliards sont injectés. Des projets pharaoniques sont annoncés. Les Oranais qui ont la tête noyée dans les chiffres disent ne rien voir venir.La presse nationale et locale apporte son témoignage des situations des plus singulières. Le havre de paix d’antan est devenu un pont de misère des temps présents.
Photo Internet

Réaménagement du marché de La Bastille

septembre 9, 2008 à 5:51 | Publié dans Maladies, Reflexions et inspirations, Urbanisme | Laisser un commentaire

Elwatane : 09-09-2008

B. M. A.

Les travaux seront lancés avant la fin de l’année
Apres plusieurs reports, les travaux de réaménagement du marché de la rue des Aurès, ex-La Bastille, seront lancés avant la fin de cette année, apprend-on de source proche de la division de l’urbanisme de la commune d’Oran.

Nos sources indiquent à ce titre que la fiche technique du projet a été élaborée et qu’un avis d’appel d’offres sera lancé incessamment pour le choix d’une entreprise. Le chantier, ajoutent nos sources, pourrait démarrer dès le mois prochain, si d’ici là le problème lié au déplacement temporaire des marchands sera réglé. Pour éviter tout encombrement au niveau de cette artère exiguë et partant, permettre à une grande partie de marchands de maintenir leurs étals, les travaux seront effectués par tranches. L’option retenue par les services concernés et qui sera proposée au marchand, vise à déplacer pour chaque tranche dix à quinze marchands vers une ruelle adjacente et lancer les travaux au niveau de l’espace libéré. Ces marchands retrouveront leurs places une fois cette tranche achevée. Le chantier devrait réhabiliter totalement cette artère commerçante, notamment à travers le traitement des façades de tous les immeubles et commerces, des travaux sur la voirie et les différents réseaux ainsi que l’éclairage.
Située en plein centre-ville, la rue des Aurès, a l’issue des travaux, fera office à la fois de marché durant la matinée et de voie piétonne durant l’après midi. A partir de l’après-midi, les commerçants seront sommés de libérer les espaces squattés hors de leurs boutiques pour libérer le plus d’espaces aux piétons. Ils seront aussi tenus d’opérer des travaux d’aménagement et d’embellissement au niveau de leurs commerces. Ce projet de réaménagement qui date de plus de cinq ans, devait être lancé en 2003, mais a dû être reporté pour des raisons liés au déplacement temporaire des marchands vers un autre site. Les espaces proposés aux marchands ont été rejetés par ces derniers car ils n’offraient pas les conditions adéquates pour l’exercice de leur commerce. D’autre part et selon les mêmes sources, une enveloppe de 25 milliards sera débloquée par le ministère du commerce pour la réhabilitation des marchés couverts. Nos interlocuteurs indiquent que la commune d’Oran a proposé une vingtaine de marchés repartis à travers les 12 secteurs urbains et qui nécessitent de grosses interventions.
Commnetaire WW. Ce projet est de la poudre aux yeux. La bastille est une ruelle sale te restera sale et lugubre tant qu’il y a un marché qui attire la misère de toute la région d’Oran.
B.M.A. d’El Watane joue ici avec ce billet la parfaite caisse de résonance.

Feuille de route pour les autorités oranaises

septembre 6, 2008 à 12:54 | Publié dans Reflexions et inspirations | Laisser un commentaire

19 décembre, 2006

Impression d’un touriste qui aime Oran et la décrit sans ambages.

Sécurité routière et déchêts

Il y a 4 ans lorsque je suis allée en vacances en Algérie, je voyais beaucoup de panneaux sécurité routière incitant les automobilistes à attacher leurs ceintures. Dans les faits, beaucoup de conducteurs n’avaient pas de ceinture. Or cette année, quelle ne fut pas ma surprise : 100% des automobilistes avaient leurs ceintures attachées et exigeaient de leur passager à l’avant d’attacher la sienne et ce, quels que soient l’âge du conducteur et l’état de la voiture. J’étais vraiment abasourdie de tant de docilité et j’ai ensuite mieux compris comment l’Etat en était arrivé à un résultat aussi impressonnant.

Tout d’abord, à Oran (je pense que c’est pareil dans les autres villes…), il y a de nombreux barrages : on peut être contrôlé à tout moment par la police. Ensuite si on est pris en flagrant délit de “ceinture non-attachée”, on risque non seulement une amende dont le montant est très élevé (mon père m’a dit 800DA??), mais aussi le retrait de permis. Dissuasif, non? (Si mes propos sont erronés, faites-le moi savoir!! Je répète ce qu’on m’a dit sans avoir lu aucune source officielle).

De même pour les limitations de vitesse : les autorités algériennes n’y vont pas par quatre chemins. Outre les panneaux traditionnels, on peut à tout moments et parfois même sans avertissement se prendre un dos d’âne énorme -hors-norme, dirai-je même!-, qui si on roule à plus 20km/h peut vraiment abîmer le dessous de la voiture.

Tout ça pour dire que lorsque la volonté est là, il y a moyen de faire avancer les choses. Pourquoi le problème de la gestion des déchêts n’est-elle pas soumise à ce traitement de choc : imprégnation par panneaux informatifs, surveillance, mise en place d’un système performant, menace d’amendes aux particuliers, etc.?
Pour ma part, je crois l’Algérie considère ce problème comme un problème mineur, généré en grande partie par des “vacanciers” non civilisés qui n’hésitent pas à salir des lieux sur lesquels ils ne sont que de passage… C’est pourtant un problème de santé publique grave qui pose aussi la question de la préservation de l’environnement.

Minette dans le beau verger.

septembre 2, 2008 à 2:21 | Publié dans Reflexions et inspirations | Laisser un commentaire
Une contribution généreuse d’un compatriote qui a bien voulu honorer ce Blog par un conte très instructif de sa propre création. Un conte remarquable et hautement éducatif qui éclaire nos chérubins sur l’importance de l’environnement. De façon magistrale, ce petit conte, qui n’est pas encore édité, sème en eux l’amour de la nature, de tout ce qui beau, et de la vie tout simplement. Sincèrement cette petite histoire contribue à préparer notre armée des écologistes de demain.
Si vous voulez faire un petit geste de conscience pour Oran, n’hésitez pas à la transmettre à vos enfants. Il faut combattre, avec tout ce que nous pouvons, leur accoutumance à l’insalubrité dans laquelle ils vivent malheureusement.
Je remercie M. Ahmed Khiat, l’auteur de ce conte, pour sa courtoisie et sa sensibilité aux problèmes de l’environnement. Comme je lui rends hommage pour sa passion d’auteur de livres juvéniles dont l’Algérie a grandement besoin. Vous pouvez avoir des informations sur la carrière et les publications de cet auteur en allant sur le site suivant : http://ahmedkhiat.unblog.fr/2008/08/
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Minette dans le beau verger.

 

( Pour enfants de 9 à 11 ans )

Minette est une jolie petite chatte..

Elle est noire et blanche. Elle a une longue queue bien épaisse. Elle est presque toujours à la maison. Son jeune maître ne la laisse pas sortir dehors. Il a peur qu’une voiture l’écrase. Il ne veut pas non plus, que quelqu’un la vole.

Minette, ayant grandi un peu, son gentil maître lui permet alors de rester devant le seuil de la maison. Elle passe son temps à regarder les petits enfants jouer au ballon. Elle regarde aussi les fillettes qui sautent à la corde.

La petite chatte entend quelquefois des aboiements. Ils sortent de derrière un grand portail, juste en face d’elle.

Un jour, le beau chaton se dit :

- Ces cris ne ressemblent pas aux miaulements des chats! C’est bizarre! Je veux bien savoir qui les pousse.

Alors, Minette regarde à droite, regarde à gauche, et traverse la rue en trois bonds. Le portail est fermé. Heureusement, il y a un petit trou dans le mur. La petite chatte passe sa tête, ensuite ses deux pattes de devant. Elle pousse un peu avec ses deux pattes de derrière, et hop! La voilà dans un vaste verger!

La jolie chatte a l’habitude de voir des piétons et des voitures. Elle a même vu un jour, un pauvre âne tirant sa charrette. Mais elle n’a jamais vu de jardin. Elle est surprise. Et comme elle est un peu curieuse, elle se dirige vers une petite cabane. C’est une jolie niche placée au milieu du verger.

Elle fait quelques pas, puis elle s’arrête car elle voit venir vers elle un animal un peu plus grand qu’un chat.

C’est un petit chien bien sage, mais Minette ne sait pas encore que le chiot est sympathique. Alors, elle a peur. Elle veut même se sauver.

Le jeune chien lui dit avec un grand sourire :

- Bonjour, petite chatte! N’aie pas peur de moi, je ne suis pas méchant. Sois la bienvenue. Moi, je m’appelle Médor. Et toi, comment t’appelles-tu?

La jolie chatte noire et blanche n’a plus peur. Elle répond avec calme :

- Mon nom est Minette. Mais toi, tu n’es pas un chat, ni même une chatte! Qui es-tu?

Médor rit de bon cœur. Il trouve la question bien drôle. Il explique :

- Tu ne vois pas, Minette, que je suis un jeune chiot? Je vis dans ce vaste jardin. Regarde là-bas cette belle petite cabane! Eh bien! C’est là où je dors la nuit.

- Et qu’est-ce que tu fais ici, tout seul?

- Qu’est-ce que je fais? J’aboie lorsque je …

Minette ne laisse pas le petit chien terminer. Elle lui dit :

- Alors, c’est toi qui pousses des cris, parfois?

- Oui, c’est bien moi!

- Et pourquoi donc?

- Ah, ma chère! Moi, je garde le grand verger. Quand un mauvais garçon saute le mur et entre ici, j’aboie fortement. Je lui fais peur, il s’enfuit, et il ne vole pas les fruits.

- Où est-ce que tu caches les fruits? Je ne les vois pas. Montre-moi les, s’il te plaît!

Médor sourit et répond :

- Tu veux les voir? Ils sont dans les arbres. Lève la tête un peu et regarde. Cet arbre, à ta droite, c’est un prunier; il donne des prunes toutes rondes. Celui-là, à ta gauche, c’est un abricotier; il donne des abricots. Ma douce maîtresse dit qu’ils sont bien sucrés. Celui qui est devant toi, est un poirier; il donne de belles poires. Mais le meilleur arbre du jardin est le pommier. Il est derrière toi. Retourne-toi s’il te plaît. Vois-tu les grosses pommes rouges?

La petite chatte ne se retourne pas. Elle ouvre de grands yeux et bouge sa tête dans toutes les directions. Elle s’amuse à suivre un joli papillon qui voltige autour d’elle. Enfin, elle demande :

- Et celui-là, qu’est-ce que c’est? Il vole comme une grosse mouche, seulement il est beau!

- C’est un papillon. Il y en a de toutes les couleurs et de toutes les formes. Ces jolis insectes volent d’une fleur à une autre. Ils aiment se poser sur les marguerites, sur les lilas, sur les coquelicots, et surtout, sur les belles roses.

Minette soupire un peu et dit :

- Moi, je ne vois que des vilaines mouches. Pourquoi ces beaux papillons ne viennent-ils pas chez nous, à la maison? Dommage!

Le jeune chiot réfléchit un instant et répond :

- Je crois que vous n’avez pas des fleurs chez vous. Les jolis papillons ne sont pas sales comme les mouches. Ils sont propres. Alors ils cherchent les fleurs. Et puis, il n’y a pas que les papillons qui aiment les fleurs. Il y a aussi les abeilles. Oh! Les abeilles sont très utiles. Elles donnent du miel.

Minette ouvre sa petite gueule et écarquille ses yeux. Médor sait que sa nouvelle amie est bien étonnée. Il ajoute :

- Parfois, nous avons la visite d’une petite coccinelle ou d’un gros hanneton. Un jour même, je crois le mois passé, c’est une libellule qui nous a rendu visite. Ma gentille maîtresse était surprise de la voir.

- Ah! Combien j’aime voir, moi aussi, cette libel … libel… Comment dis-tu?

- Li – bel – lule! Libellule! C’est facile à prononcer. Essaie toujours!

- Et à quoi ressemble cette libel…libellule? Est-ce qu’elle ressemble au joli papillon?

- Je ne peux pas te dire comment elle est exactement. Je ne sais pas la décrire et je n’ai pas appris à dessiner. Mais comme tu ignores beaucoup de choses, je vais te montrer aussi le vieux figuier et la vieille treille. Ils sont là-bas, au fond du jardin. Suis-moi!

Cette fois-ci, Minette s’excuse :

- Il se fait tard et je ne veux pas que mon jeune maître me gronde. Je dois retourner à la maison. Ce sera pour une autre fois.

Le brave chiot accompagne sa petite amie jusqu’au portail. Minette le remercie de tout son cœur. Elle s’apprête à sortir par le trou; Médor l’arrête et lui dit :

- Viens ici de temps en temps. Je te montrerai d’autres merveilles de notre verger. Tu viendras, n’est-ce pas?

- Oui, tu peux m’attendre, je te le promets.

- Autre chose, Minette! N’oublie pas de dire à ton jeune maître de planter des fleurs dans la maison. S’il n’a pas un petit carré de terre, il peut les mettre dans des pots. C’est facile, et c’est très beau à voir.

La jolie petite chatte noire et blanche hoche tristement la tête et répond:

- Je veux bien, Médor! Mais, est-ce qu’il va me comprendre ?…

Ahmed KHIAT

Schizophrénie marocaine

août 28, 2008 à 12:16 | Publié dans Reflexions et inspirations | Laisser un commentaire


Emarrakech.com : 27 Août 2008
Mehdi Alami

Mehdi Alami : Nous sommes qu’au Maroc, la phrase magique des marocains. Schizophrénie ou folie de l’ego, le marocain a généralement trois personnalités.
La phrase qui ressort souvent de la bouche des marocains quand ils sont dans le tord et quand ils parlent des autres : Nous sommes qu’au Maroc, la phrase magique derrière laquelle les marocains se cachent, dire désolé ne fait pas partie de notre dictionnaire et de notre langage, alors vaut mieux se rabattre sur le Maroc et les marocains, nous ne pouvons et nous ne voulons pas admettre nos erreurs, alors jeter des saletés dans la rue, brûler un feu rouge, ne pas respecter une file d’attente, le code de la route et/ou corrumpre, sont devenus des actes légaux pour la simple raison que nous sommes qu’au Maroc.

Même nos chers marocains résidents à l’étranger l’ont bien compris et depuis longtemps, dépassées les frontières, civisme, respect et citoyenneté sont déjà mis au placard, pas tous heureusement, la raison, nous sommes qu’au Maroc. Et en plus, ils n’hésitent pas à nous le faire rappeler à chaque fois que nos yeux se croisent quand ils sont dans le tord. Etaient-ils emprisonnés durant toute une année en Europe et viennent s’épanouir avec l’irrespect de la loi et du incivisme ? L’idée est donc encrée en chacun de nous marocains, nous sommes qu’au Maroc, comme si ce n’est pas nous qui avons fait du Maroc ce qui l’est, comme si c’est pas nous qui avons les clés du bien et du mal. Riche ou pauvre, c’est pareil, sorte de mépris, de dégoût ou plutôt d’impuissance ou simplement une échappatoire des responsabilités de chacun.

Schizophrénie ou folie de l’ego, le marocain a généralement trois personnalités, la première, quand il est en groupe, il chante valeurs, tradition, démocratie, religion, famille,…, la seconde quand il est tout seul, alors tout est permis sans limite, ni loi, ni valeurs, et la troisième personnalité c’est d’être La victime de ce pays ; Un conflit entre ce qu’il est et ce qu’il veut être. Voulons nous être marocains ou européens, marocains ou américains, marocains ou saoudiens ? Et peut on vivre au Maroc à l’européenne, à l’américaine et/ou à la saoudienne ? Certes non, nous devons peut être apprendre à vivre au Maroc à la marocaine, et dire, nous ne sommes qu’au Maroc ! …Tant mieux.

Dernières volontés d’un Oranais.

août 1, 2008 à 1:58 | Publié dans Reflexions et inspirations | Laisser un commentaire

Le temps passe et je ne vois pas la joie poindre à l’horizon.
Celle qui a égayé ma cité a jadis mis les voiles.
Ma peau flétrit et fronce sous le poids des ans.
Et cela me fait peur.Le grand voyage avec des regrets amers.
Pour cette ville très chère.Je n’ai plus le temps de patienter.
L’espoir, d’une joie palpable, a cessé d’exister.
Puisque le gouffre, sans fond, est en train de me tenter.
Et joue avec moi comme un fauve avec sa proie.
Je résisterai le temps de me soulager.
D’un fardeau trop longtemps porté.
Mon testament et mes dernières volontés.
À vous oranais, centre de ma passion et de ma tristesse.
Je ne peux encore me taire.
Puisque bientôt je vais rejoindre les habitants sous terre.
Par Allah qui me rappelle.
Je vous en conjure de vous réveiller.
Par une prose ou par un poème.
Par un article ou par une chanson.
Par une campagne ou par une marche pacifique.
Vous qui avez l’art surtout.
Vous qui avez le pouvoir et le savoir.
Incombe le grand devoir.
De ressusciter notre conscience.
De l’oubli et des négligence.
Secouez très fort cette âme généreuse.
Hospitalière et chaleureuse.
Qui vit en chacun de nous.
Depuis des temps immémoriaux.
Il existe encore au fond de nous.
Cet amour pour la vie et le beau.
Vous êtes les véritables joyaux.
De cet écrin raffiné aux cristaux.
pétillants.
Wahran El Ghalia

Les sept plaies d’Algérie

août 17, 2003 à 9:01 | Publié dans Reflexions et inspirations | Laisser un commentaire

NB. Texte extrait d’internet : 17 août 2003
lien: http://www.oulala.net/Portail/imprimer.php3?id_article=798
par Démosthène

Dans la bible, Moïse lance sur l’Egypte sept plaies, pour punir le Pharaon de son intransigeance, car celui-ci refuse de laisser partir le peuple juif, esclave dans son empire. Ceci est un célèbre exemple de la punition divine. Mais alors quel châtiment, pour le peuple algérien ! Ses sept plaies, n’ont rien à voir avec des pluies de grenouilles. Celles-ci s’appellent peste bubonique, typhoïde, méningite, rage, dysenterie, fièvre boutonneuse et rougeole. En effet, ces maladies d’un autre âge sévissent depuis déjà trop longtemps en Algérie. La raison en est simple et tout à la fois complètement anormale : le manque d’hygiène.
La saleté est devenue une cause de maladies à travers tout le pays et surtout dans l’ouest, dans la région d’Oran. Mais pendant des années, rien n’a été fait par les autorités, qui auraient pu éviter d’en arriver à ce stade épidémique si elles avaient agi plus tôt. Et les tonnes d’ordures gisant au milieu de toutes les agglomérations de la préfecture d’Oran n’ont jamais inquiété personne malgré des rapports alarmants. Les villes de Constantine, Skikda et Tiaret sont en proie à de véritables épidémies de typhoïde, et la région de Relizane connaît une recrudescence alarmante des cas de tuberculoses. La préfecture d‘Oran est depuis 1996 classée comme « zone de forte endémie de méningite ». « surpopulation, promiscuité et mauvaises conditions d’hygiène » sont en sont les causes, signalées pourtant au gouvernement dans un rapport officiel. Mais rien n’a été entrepris pour y remédier. Rien. Ce sont ces même causes qui font que la ville même d’Oran connaît actuellement de multiples cas de peste bubonique (10 cas certains et 1 cas probable). Le village de Kehaïlia où se sont manifestés les premiers cas de pestes était entourés de véritables murs d’ordures et manquait cruellement d’eau propre, comme la majorité du pays. Le nettoyage ne fut effectué qu’une fois les premiers malades infectés. A Mascara, la décision de désinfecter le village et la décharge n’a été prise qu’après l’apparition de la maladie. Les mesures d’hygiène les plus élémentaires ne sont pas nécessaires pour les autorités tant que la peste n’a pas signalé sa présence, la population pouvant très bien vivre envahi par des rats et des moustiques !
La population souffre chaque jour d’un laxisme national, les élus locaux ne se préoccupant pas ou peu de ces problèmes et n’organisant pas le moins du monde le ramassage des ordures qui peut, dans certains quartiers ne jamais être entrepris. Résultat : des villes entières se retrouvent littéralement englouties sous des tonnes de déchets. La plupart des magasins ou des unités de production répandent leurs ordures dans les rivières, les lacs et les champs, entraînant une généralisation des intoxications alimentaires. Les autorités ne prennent aucune sanction envers ceux-ci et les arrêtés relatifs à l’hygiène et à la santé publique sont tous simplement ignorés par la police et la gendarmerie. L’incompétence, l’ignorance et l’inconscience ont atteint des proportions inimaginables parmi les autorités et le gouvernement algérien. La population est livrée à elle-même, et depuis le tremblement de terre, la situation déjà alarmante est devenue catastrophique. Des gens meurent chaque jour de maladies que l’homme pensait avoir définitivement contrôlé.
Toutefois un constat s’impose : l’Algérie est en train de sombrer et son gouvernement, dont les décisions sont plus que discutable du point de vue du respect des droits de l’homme, doit changer.
Algériens, réagissez et mettez rapidement en place un gouvernement qui n’agira plus dans son propre intérêt mais bien dans celui de sa population, avant que celui-ci ne devienne une huitième plaie. Une plaie qui risque bien d’achever le peuple algérien et de le lancer dans un fossé dont il risque de ne jamais se sortir.
Démosthène.

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