septembre 14, 2008 à 7:07 | Publié dans Vieux bâti | Laisser un commentaire
L’Echo d’Oran : 14-09-2008
H. Nora
Les familles du numéro n°68 crient à l’injustice
La chronique du vieux bâti est de plus en plus aiguë, révélant, chaque jour, des dizaines de familles vivant dans la précarité, avec l’espoir de pouvoir quitter, un jour, les maisons qu’ils habitent. Les bâtisses du quartier El-Makari (ex-Saint Eugène), sont dans un état de vétusté très avancée. Certaines ont même été recensées par les services de l’OPGI «menaçant ruines». Ces familles, qui y habitent, vivent avec la hantise d’être ensevelies sous les décombres. Au 68, rue Montgolfier (l’actuelle Bouâmama Ali), une dizaine de familles vit dans des appartements, d’où, dès qu’on franchit le seuil, une odeur âcre vous frappe au nez. Ces familles, qui occupent 20 appartements, nous ont montré un document des services de la protection civile, à la suite d’une intervention pour secourir les habitants d’un appartement, dont le plafond et plusieurs parties se sont effondrés. Il est stipulé, dans ce document, «que le danger d’effondrement est permanent», incitant les habitants à évacuer les lieux dans les plus brefs délais. Depuis, le nombre des membres de chaque famille a quadruplé et l’immeuble a continué à s’effriter avec d’importantes parties, qui s’effondrent chaque hiver. En effet, ils vivent une même situation précaire avec des murs lézardés et décollés de la structure de l’immeuble, des plafonds effondrés et ce qu’il en reste fissuré. Aussi, les escaliers et les balcons ont-ils tous cédé et les occupants tentent de les retenir avec des madriers, qu’ils ont dressés. Les chambres sont inhabitables en raison du taux d’humidité et de la poussière des murs, qui s’émiettent, le parfait menu pour des maladies pulmonaires, auxquelles sont exposés notamment leurs enfants. Plusieurs parties de cet immeuble se sont, également, effondrées et les espaces, occupés par les habitants, rétrécissent chaque fois qu’un toit cède. Maintenant, ils se retrouvent à huit dans deux pièces, dont l’une est cuisine le jour et chambre la nuit. Selon le représentant de ces familles, «depuis 1995, l’OPGI propriétaire de cet immeuble ne veut plus percevoir les loyers, vu que la bâtisse est recensée en tant que ruine. Depuis, nous essayons de colmater les murs, les plafonds. Mais, la situation ne cesse d’empirer, surtout en hiver. Il faut bien signaler que l’étanchéité n’existe pas. En hiver, les plafonds deviennent une passoire.»Toujours selon ce représentant, «il leur a été signalé par un membre du comité de quartier que, au niveau de la wilaya, ces familles ont été relogées en même temps que les familles sinistrés.» Il ajouta : «Nous sommes nés et mariés dans cette maison et nous nous trouvons toujours. Donc, comment nous a-on relogés et qui a pris notre place ? Nous aimerions bien le savoir», dira cet habitant.
août 31, 2008 à 12:01 | Publié dans Vieux bâti | Laisser un commentaire
Quotidien d’Oran: 31-08-2008
Djamel B.
Dans le cadre des opérations visant la réhabilitation du cadre bâti, la Direction de l’urbanisme, de la construction et de l’habitat (DUCH) lancera, dans les tout prochains jours, un vaste opération pour la rénovation et la réhabilitation de 13.000 logements répartis à travers plusieurs quartiers de la ville. Selon des sources proches de la wilaya, une enveloppe de quelque 325 millions de dinars a été consacrée, dans une première étape, à cette opération. Les opérations de recensement des logements nécessitant des travaux de réhabilitation, lancées par la tutelle, ont révélé que quelque 55.000 logements nécessitent des travaux de rénovation, notamment au niveau des quartiers à grande concentration d’immeubles menaçant ruine, à l’image d’El-Hamri, du Derb ou de Sidi El-Houari et dans certaines communes de la wilaya d’Oran. Nos sources indiquent que les travaux seront effectués par étapes, en fonction de la disponibilité des crédits, et ce jusqu’à l’achèvement de l’opération. La première phase concernera 25% des 13.000 logements retenus par la direction, en prenant en compte les priorités de chaque secteur urbain. La réhabilitation de ces logements viendra renforcer l’opération de réhabilitation de quelque 200 immeubles qui sera lancée incessamment par l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI) au niveau de certains quartiers du centre-ville et à Sidi El-Houari. Aussi, il a été décidé de retenir trois sites englobant les 200 immeubles qui nécessitent des interventions en urgence. Le premier site concerne un nombre précis d’immeubles situés au centre-ville et limités par un grand îlot situé entre la rue Khemisti, la rue Larbi Ben M’hidi et le boulevard Emir Abdelkader. Le second site concernera des immeubles recensés au niveau du boulevard Maâta et le troisième site touchera des immeubles au niveau de Sidi El-Houari, en partant de la place des Quinconces et en passant par la place Kléber. L’opération sera jumelée avec le traitement de la voirie pour livrer des îlots complètement réhabilités. Une enveloppe de 70 milliards de centimes avait été débloquée par le ministère de l’Habitat dans le cadre des dispositions prises pour la réhabilitation du vieux bâti à Oran. Une seconde enveloppe de 32 milliards a été consacrée, d’autre part, à des opérations d’expertise des immeubles menaçant ruine à travers l’ensemble des communes de la wilaya.
août 25, 2008 à 3:16 | Publié dans Vieux bâti | Laisser un commentaire
Elkahbar : 21-08-2008
ج. بن صالح
العائلات تناشد تدخل الوالي لإنقاذها من الموت تحت الأنقاض
تعيش سبع عائلات بعمارة 107 شارع العيد ولد الطيب بحي مديوني بوهران ظروفا أقل ما يقال عنها أنها غير إنسانية ولا تحفظ كرامة قاطنيها. كما أن وضعية العمارة المهترئة باتت تهدد حياة السكان في كل لحظة، لدرجة أنه كلما يقع زلزال بوهران يتساءل كل سكان مديوني ”هل سقط حوش ”الشوى”، كما يُعرف في الحي. للإشارة تسكن هذه العائلات التي يفوق عدد البعض منها سبعة أفراد في غرفة واحدة، منعدمة التهوية وتتحول إلى سيول خلال موسم الشتاء بسبب تسربات مياه الأمطار عبر السقف والجدران. وتقبع هذه العائلات في هذه ”الأقفاص” لمدة تفوق العشر سنوات، في انتظار التفاتة من طرف السلطات المحلية. وعلى آمل الاستفادة من سكن يحفظ ماء وجه الأولياء أمام أولادهم الذين بلغ بعضهم سن الزواج. وتناشد هذه العائلات تدخل السلطات المحلية، وعلى رأسهم والي ولاية، للتدخل قصد تمكينهم من سكنات اجتماعية وإخراجهم من ”الغرف القبور” التي يقطنون بها مع عائلاتهم منذ سنوات، ولم تسمح لهم تربيتهم وكرامتهم باللجوء إلى تشويه وجه المدينة بتشييد أحياء قصديرية.
août 12, 2008 à 5:09 | Publié dans Vieux bâti | Laisser un commentaire
Le Quotidien d’Oran : 12-08-2008
par K. Assia
« Nous refusons d’évacuer les lieux dans le cas où notre demande de recours n’est pas retenue par les instances locales», c’est en ces termes que les deux familles de l’immeuble vétuste situé au 5, rue Hachemi Khelifa dans le quartier de Sidi El-Houari ont signifié leur refus catégorique de quitter leurs habitations dans le cas où aucune solution n’est trouvée à leur problème. Les protestataires refusent d’occuper les nouveaux logements de type F3 dont ils ont été bénéficiaires lors de la dernière opération d’attribution de logements au profit des sinistrés et qui a vu la distribution de 884 logements. Tout en explicitant les motifs de ce refus, les concernés trouvent que ce type de logements ne peut pas abriter ces familles dont les membres dépassent largement la dizaine, car chaque famille est composée de plusieurs ménages. «J’habite avec mes fils et mes petits-enfants, nous sommes nombreux et le logement qu’ils nous ont attribué nous crée plus de problèmes qu’il n’en règle», clame un père de famille, en ajoutant qu’«avec un F3, les problèmes vont empirer au lieu d’être résolus». Hier, les contestataires ont dénoncé cette situation dans laquelle ils se trouvent confrontés. Sur les 17 familles qui occupaient les lieux et qui ont été relogées à la cité Haï En-Nour, seulement deux d’entre elles ont refusé de sortir et ont préféré y rester dans l’espoir de voir leurs doléances prises en considération et leur recours accepté. Par ailleurs, pour éviter tout débordement, un dispositif de sécurité très renforcé a été mis en place. Les éléments de la police mobilisés pour l’application de l’arrêté d’expulsion tentaient pour leur part de calmer les esprits des contestataires qui ne cessaient de répéter qu’ils avaient introduit plusieurs demandes de recours mais qui sont restées sans suite. A quelques mètres de là, plusieurs curieux se sont agglutinés en face de la porte de l’immeuble afin de suivre les péripéties de l’expulsion. D’autre part, un camion des services de l’APC d’Oran a été mobilisé pour le transfert des effets personnels des deux familles vers leurs nouveaux logements. Néanmoins, les habitants espèrent toujours une décision de dernière minute qui pourrait régler leur problème, l’étude de leurs recours pourrait avoir des résultats positifs. 0 fois lus
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août 12, 2008 à 5:07 | Publié dans Vieux bâti | Laisser un commentaire
Le Quotidien d’Oran : 12-08-2008
Par K. Assia
L’application des arrêtés d’expulsion continue à faire des mécontents. Hier, au 26 rue des Frères Belhadj, dans le quartier de Boulanger, la situation a failli dégénérer après que deux familles, occupant un immeuble vétuste déjà évacué, ont refusé de quitter les lieux. Bouteilles de gaz à la main, l’un des contestataires a décidé de se faire exploser si les services chargés de l’application de cet arrêté d’expulsion s’approchaient de l’entrée de l’immeuble. Pire encore, un homme, un couteau à la main, a menacé d’égorger son fils si les agents de l’ordre essayaient de l’expulser. Cette situation a suscité une véritable panique parmi les habitants du quartier qui suivaient les faits. Les policiers, voulant éviter tout débordement, ont vite bouclé le périmètre et se sont abstenus de toute action, tentant de calmer les esprits. Au balcon de cet immeuble, dont les occupants ont dernièrement bénéficié de logements, les protestataires dont deux femmes et trois hommes ont décidé de ne pas quitter les lieux si les instances locales ne les relogent pas. «Nous ne quitterons cet immeuble que morts», lancent-ils. De leur côté, les policiers appelés en renfort n’ont tenté aucune action dans l’espoir d’apaiser le climat trop tendu en cette matinée du dimanche. Les forces de l’ordre ont été réquisitionnées pour l’expulsion des deux familles restantes et l’assistance des équipes de l’APC d’Oran pour la fermeture de cette habitation en vue d’éviter qu’elle soit squattée par d’autres intrus, car présentant un grand danger. Depuis samedi, un programme d’expulsion vise tous les immeubles dont les occupants ont bénéficié de logements dans le cadre de la dernière opération d’attribution. Ce sont plus d’une vingtaine de quartiers qui sont ciblés par cette action, apprend-on. Par ailleurs, l’opération a été reportée en attendant une décision de dernière minute afin de régler ce problème. Toujours à Boulanger, au 28 rue Boumedal Ali, c’est un autre mouvement de contestation qui a été observé par trois familles n’ayant pas bénéficié de logements alors que leurs voisins ont été relogés. N’affichant aucune résistance aux services de la police, les concernés ont tenu à souligner qu’au moment du passage des membres de la commission pour le recensement, ils étaient absents. « Nous nous sommes rapprochés des services de l’APC et nous avons déposé nos dossiers mais aucune suite ne nous a été donnée», affirment-ils. Livrés à eux-mêmes, ces sinistrés ne savent plus quoi faire. Ils interpellent le wali d’Oran pour que leurs requêtes soient prises en considération. «Nous demandons seulement à être relogés», expliquent-ils. Du côté des représentants de l’APC d’Oran, des mesures fermes sont prises en fermant les immeubles dont les occupants ont bénéficié de logements. «Nous voulons éviter que d’autres intrus squattent les lieux, c’est l’exemple de la rue Charles Quint, à Sidi El-Houari, où une vingtaine de familles ont occupé les lieux tout juste après le relogement des vrais occupants à Haï En-Nour et Haï Sabah. En plus du risque du squat, celui de l’effondrement de la bâtisse est encore plus sérieux, vu l’état des habitations
juillet 11, 2008 à 3:08 | Publié dans Vieux bâti | Laisser un commentaire
Par B. Djamel
Des dispositions seront prises, dans les tout prochains jours, pour décréter Sidi El-Houari quartier sauvegardé, et ce, en application des recommandations de la quatrième conférence sur le projet «Archimed» qui s’est tenue à Oran, apprend-on auprès de la division de l’Urbanisme et de la Planification (DUP) de l’APC d’Oran. Les responsables en charge du suivi du projet ont, dans ce cadre, reçu l’assurance de la part des représentants espagnols et bordelais qui, selon nos sources, se sont engagés à apporter aide et assistance technique pour la sauvegarde de ce quartier et pour la préservation de son aspect architectural. Officiellement, la proposition de décréter Sidi El-Houari quartier sauvegardé sera faite aux autorités compétentes, une fois le travail de classification des immeubles, achevé. Notre interlocuteur signale, à ce titre, qu’une expertise a été lancée pour classer les immeubles du quartier en trois catégories, ceci en fonction de la vétusté de chaque bâtisse. Sur la base de cette expertise, poursuivent nos sources, les habitations classées au 2e et 3e degrés seront sauvegardées et réhabilitées selon un plan de sauvegarde et une réglementation spécifique. Celles classées au 1er degré (partiellement effondrées ou menaçant de s’effondrer à tout moment) seront, quant à elles, éradiquées et les assiettes récupérées serviront à la projection d’équipements publics, en prenant en compte l’aspect architectural et urbanistique du quartier. Pour le suivi de cette opération, une commission technique composée d’ingénieurs, d’architectes, d’urbanistes, entre autres, sera installée. A noter qu’aucune intervention sur le bâti ne pourrait être effectuée sans l’aval de cette commission. Les mêmes sources soulignent qu’une délégation de techniciens effectuera une courte formation sur invitation de la ville de Bordeaux dans le cadre du jumelage entre les deux villes. La préservation de l’aspect historique du quartier et le lancement du plan d’occupation des sols (POS) permettront, à moyen et long termes, de «transférer» une partie du centre-ville vers la vieille ville, tout en préservant le cachet spécifique du quartier. La ville d’Oran, et plus particulièrement son vieux centre-ville, le quartier de Sidi El-Houari, a souffert d’un développement urbain désorganisé, notamment à travers l’expansion rapide des infrastructures du port. Le projet «Archimed» s’est, dans ce sens, focalisé sur ce vieux centre historique qui a été marginalisé durant les 30 dernières années malgré la présence de nombreux sites historiques. On vise, à travers ce programme, le transfert à Oran des outils techniques et méthodologiques pour développer un processus d’organisation urbaine, mais aussi à encourager la mise en oeuvre de politiques urbaines spécifiques tels la régénération urbaine, le développement économique et touristique et la conservation du patrimoine culturel.
novembre 13, 2007 à 8:41 | Publié dans Vieux bâti | Laisser un commentaire
L’Expression : 13 Novembre 2007
Par A. Wahib
Leur restauration risque de ne jamais avoir lieu.
La ville d’Oran vit, ces dernières années, au rythme des effondrements de bâtisses. Les bilans sont effrayants. Ainsi, depuis le début de l’année, on a enregistré au total 190 effondrements, dont 19 ont été causés par les dernières intempéries. Des bilans qui renseignent sur la vétusté très avancée des bâtiments. Lors de sa dernière session, l’APW d’Oran, semble-t-il, a décidé de prendre les choses en main. Le wali d’Oran a annoncé la restauration de 200 bâtisses qui menacent de s’effondrer. Un nombre insignifiant au vu des 1900 immeubles qui menacent ruine à tout moment. Leur restauration risque de ne jamais avoir lieu, car plusieurs centaines des bâtisses concernées relèvent des biens privés.La situation est grave. La délivrance des arrêtés de péril destinés aux habitations menaçant ruine connaît des restrictions. C’est du ressort de la commune. Cette dernière veut bien mettre de l’ordre dans la gestion du vieux bâti. Devant l’ampleur de la situation, un tel objectif ne peut se concrétiser aisément. D’autant qu’à ce jour, il y a absence d’une banque de données fiables. L’installation d’une telle cellule obéit à l’optique de mettre fin aux arrêtés de complaisance qui sont délivrés par les services techniques des secteurs urbains.L’hiver est à nos portes. Une saison qui connaît de grands changements climatiques. Les fortes pluies de la semaine dernière sont révélatrices. La vulnérabilité des bâtisses a fait fuir plusieurs familles qui ont préféré passer la nuit à la belle étoile que d’être surprises et ensevelies par d’éventuels effondrements. A partir du Front de Mer, le Fort Santa Cruz et sa chapelle sont les seuls chefs-d’oeuvre de la capitale de l’Ouest qui offrent une image réconfortante. Une carte postale, pas plus, malheureusement. Mais Oran n’est plus cette belle carte postale aux couleurs chatoyantes. Derrière le Front de Mer, il y a le front de la misère. Le vieux bâti. Ainsi, des centaines de familles sont menacées de vivre dans la rue. Des centaines, voire des milliers d’habitations menacent ruine. Des quartiers de la ville, comme Derb, Plateau, Sid El Houari, Bel Air, Saint Eugène, Carteaux, Torro, Boulanger, El Hamri, Gambetta, sont sévèrement touchés. Hommes, femmes, enfants, vieillards, invalides et malades se nourrissent, dorment et se lavent dans la rue au moindre changement climatique. Une situation qui s’aggrave et s’accentue de manière alarmante pendant l’hiver. Chaque jour, une catastrophe, plus ou moins grave, surprend plus d’un. Cela peut être un effondrement partiel de toiture, d’escaliers, de murs ou de balcons. Aussi des pertes humaines sont enregistrées. Une belle nuit de printemps de 2004, un craquement sourd a causé un décès à Bel Air: un immeuble croule comme un château de cartes.Les habitations qui s’effondrent brisent inexorablement des vies humaines. La liste est longue…Les rescapés, quant à eux, sont en sursis et attendent leur tour. Plusieurs familles vivent le calvaire au quotidien. Considéré comme un quartier populaire, aucun développement n’est perceptible à ce niveau. El Hamri est composé d’habitations qui connaissent des signes de délabrement très avancé, un désastre qui hante de manière permanente les 10 familles occupant le haouch du 54, rue Chaâ-Abdelkader. Les murs sont lézardés. Les plafonds aussi, le plancher ne diffère pas beaucoup d’un enclos à bétail. Des assemblages qui tiennent à peu près. Au moindre vent, à la moindre pluie, les 10 familles fuient. «Seule la rue nous est salvatrice», ont déploré plusieurs responsables de famille rencontrés. D’autres dénoncent: «La Houkouma n’est pas capable de nous porter secours malgré les arrêtés de péril qu’on nous a délivrés. Nous risquons le pire.» Les maladies font rage: le diabète, l’asthme et l’hypertension sont notre lot quotidien.Le même scénario est perceptible à Derb, l’ancien quartier juif- un labyrinthe, plutôt un quartier de la mort. Plusieurs familles côtoient la mort au quotidien. La rue Monthabord (Derb) est désormais appelée «la rue de la mort». Quatre personnes ont trouvé la mort lors d’un effondrement survenu il y a peu de temps. Le recours à la tente est, pendant l’hiver, inévitable. A la tombée de la nuit, une vive détresse s’empare des habitants. L’angoisse des effondrements gagne davantage les esprits, surtout que ce quartier a eu son lot de décès. Les effondrements partiels sont courants. A cela s’ajoute le spectre des tremblements de terre qui hante les esprits sachant que nos habitations ne sont pas antisismiques. Les sismologues et les spécialistes de l’urbanisme sont unanimes à dire que les grandes métropoles ne résisteront pas aux secousses de grande magnitude. Alger, Oran ou Constantine sont constituées à 80% de vieux bâti, des bâtisses sont vulnérables, y compris les constructions dites modernes. Celles-ci sont disséminées de manière anarchique. Le séisme qui a frappé Boumerdès le 21 mai 2003 en est l’exemple concret. Et l’activité sismique est quasi permanente ces dernières années. L’Algérie est confrontée à un sérieux problème. En plus du vieux bâti, la protection antisismique ouvre un autre débat. Il faut dire que seules deux études ont été établies, entreprises par la wilaya d’Alger. Par ailleurs, trois autres wilayas, Oran, Annaba, Constantine, ont exprimé une demande afin de diagnostiquer leur vieux bâti, bâti qui occupe 80% des espaces de ces wilayas.
septembre 29, 2007 à 1:42 | Publié dans Vieux bâti | Laisser un commentaire
Le Jeune Indépendant : 29 novembre 2007
Par Ziad Salah
Une émeute à 24 heures d’un rendez-vous électoral, voilà qui n’arrange pas les affaires de l’exécutif de la wilaya d’Oran. Qui plus est cette explosion de colère a eu lieu à El-Hamri, un quartier dont le nom va de pair avec celui de la ville.
Ainsi, les jeunes de ce quartier ont, dès les premières heures de la matinée, investi le prolongement du boulevard Ahmed-Ben Abderezak, empêchant la circulation sur un axe routier très important. La révolte de ces personnes est intervenue suite au décès de trois femmes d’une même famille, après l’effondrement de leur habitation vers 5h30.
Il s’agit d’une mère âgée de 63 ans et de ses deux filles. Dès le réveil, les jeunes de ce quartier, se sentant abandonnés par l’Etat, ont commencé à se regrouper. L’arrivée de la brigade anti-émeute sur les lieux n’a fait qu’exacerber l’impatience des jeunes.
Certains parmi eux ne se sont pas empêchés de jeter des projectiles sur les éléments des forces de l’ordre. Des adultes, notamment des femmes, se sont interposés entre les émeutiers et les policiers et ont réussi plus au moins à contenir la colère des jeunes.
Mais la situation demeure extrêmement tendue. Certains parlent d’une marche qui aura lieu dès l’enterrement des victimes de ce sinistre. On retiendra que plusieurs jeunes ont scandé à l’adresse des journalistes sur place : «Dites-leur qu’El-Hamri a déjà voté.» Pour calmer les esprits, le chef de la daïra d’Oran a été aperçu sur place avec deux responsables de l’APC.
Ils ont promis de prendre en charge l’enterrement des trois victimes, d’une part, et d’inspecter toutes les bâtisses menaçant ruine dans le but de prendre les mesures appropriées d’urgence, d’autre part. Evidemment, les occupants de ces habitations ne croient plus aux promesses puisqu’ils sont tous détenteurs de documents fournis par la Protection civile confirmant l’état de ce qui leur sert de logement.
D’autre part, les trois morts d’hier s’ajoutent à une quatrième, une femme ensevelie sous les décombres de son gourbi au quartier Chaulet, au nord-est de la ville. Z. S
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